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Le Grand Ferrier du domaine des Forges est situé sur le plateau sommital de la Montagne Noire (Les Martys, Aude), entre Mazamet et Carcassonne. Dès le début du XXème siècle, les dimensions importantes de cet amas de scories ont attiré l’attention des scientifiques, archéologues et surtout géologues. Les premières analyses, décelant la présence d’or dans les déchets métallurgiques, ainsi que la proximité de l’exploitation aurifère de Salsigne, ont conduit les chercheurs à interpréter le site comme un grand centre de traitement antique de l’or.
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Entre 1930 et 1966, les scories du Grand Ferrier ont été exploitées pour la production de fonte et seuls quelques rares documents anciens, principalement des photographies, permettent de se faire une idée de la taille impressionnante de l’amoncellement des déchets.
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En 1972, une équipe d’archéologues toulousains (UTAH, UMR 5608 CNRS / ex URA 997 CNRS), dirigée par Claude Domergue, reprend l’étude du site. Plusieurs campagnes de fouille, jusqu’en 1978, permettent d’identifier la nature des activités métallurgiques, il s’agit en fait de traitement du minerai de fer, et d’en préciser la chronologie. Une stratigraphie de plus de 5 m de hauteur dans les scories montre que les activités sidérurgiques se sont déroulées pratiquement sans interruption depuis la première moitié du Ier siècle avant notre ère jusqu’au début du IIIème siècle.
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Durant ces campagnes de fouilles, plusieurs bâtiments, des thermes, un magasin, sont étudiés. Ils montrent bien l’envergure du site de production et les investissements consentis pour le bien-être des métallurgistes. Cependant, l’habitat n’a pas été repéré et aucune structure de production n’a été exhumée.
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A partir de 1974, l’exploitation industrielle des scories antiques reprend, et en 1988, ces travaux permettent la mise au jour des premiers bas-fourneaux, appartenant à la phase de production la plus ancienne. Entre 1989 et 1993, une dizaine de structures de ce type, ainsi que 3 foyers d’affinage, et un " magasin " à charbon sont étudiés.
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Trois bas-fourneaux (F10, F11 et F12) sont encastrés dans une terrasse. Cet ensemble constitue une batterie. Particulièrement bien conservé, il sert de base à la reconstitution d’un atelier de sidérurgie antique lors des expérimentations de 1991.
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Les dernières campagnes de fouille (1993 à 1995) sont effectuées sur un secteur voisin du Grand Ferrier, à Montrouch, où l’ensemble d’un atelier pré-augustéen a pu être étudié. Il comprend une batterie de six bas-fourneaux, jouxtant une cabane. Le dispositif de ventilation, bien conservé sur trois des bas-fourneaux, est constitué de trois tuyères disposées à l’arrière et de chaque côté de la cheminée. Il est donc relativement différent de celui que nous avions mis en oeuvre pour l’expérimentation de 1991. C’est l’une des raisons pour lesquelles une autre campagne d’expérimentations a été programmée en 1999.
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L’ensemble des études archéologiques menées sur le site permet de mieux connaître les conditions de vie des métallurgistes ainsi que les données techniques de la réduction directe du fer. Une tentative d’évaluation de la production, d’après les documents anciens conservés, a été effectuée récemment. Le volume des scories du Grand Ferrier et de Montrouch est estimé à plus de 110 000 tonnes. Sur la base d’un rapport scorie/fer-métal établi lors des différentes expérimentations, on peut estimer la production des ateliers locaux à quelque 37 000 tonnes de fer sur environ 3 siècles. Les prospections, actuellement menées sur le versant méridional de la Montagne Noire, ont pour principal objectif l’évaluation régionale de la production.
Organisation et Direction Scientifique : Claude Domergue (UTAH - UMR 5608 CNRS, Toulouse).
Sommaire
Localisation et historique
Bibliographie
Expérimentations 1991
Expérimentations 1999
Expérimentations 2000